Jianghu Cai se traduit littéralement par « cuisine des rivières et des lacs », un terme qui évoque le monde des héros martiaux errants du folklore chinois. À Chongqing, il fait référence à une catégorie de plats audacieux, non raffinés et rustiques qui n'appartiennent à aucune tradition culinaire formelle. Ce sont des plats créés par des chefs de rue et des cuisiniers amateurs, libres des contraintes de la cuisine sichuanaise classique. Les caractéristiques du Jianghu Cai : des portions énormes, une utilisation agressive du piment et du poivre de Sichuan, des combinaisons d'ingrédients inhabituelles et une philosophie du « plus c'est mieux ». Parmi les exemples, citons le poisson bouilli épicé au chou mariné, le lapin sauté au poivre de montagne, les pieds de porc à l'huile de piment et le melon amer aux œufs. Il n'y a pas de menu fixe — chaque restaurant Jianghu sert ses propres créations. L'esprit du Jianghu Cai est rebelle, généreux et profondément enraciné dans la culture ouvrière de Chongqing.
Le Jianghu Cai a émergé à Chongqing dans les années 1990, une période d'urbanisation rapide quand des millions de migrants ruraux ont afflué dans la ville. Ces migrants ont apporté leurs traditions culinaires familiales et les ont adaptées au goût de la ville pour les épices. Le résultat a été une nouvelle cuisine improvisée qui rejetait les règles de la cuisine sichuanaise formelle. Le nom « Jianghu Cai » a été inventé par des critiques gastronomiques au début des années 2000 pour décrire cette tendance. Aujourd'hui, il est reconnu comme la contribution culinaire la plus distinctive de Chongqing.